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#Atelier #Studio #Labo #Ouvroir #Chantier(s) #Travaux

#fragments, #chutes, #extraits, #fractions, #bribes, #débris, #miettes, #rognures, #esquisse, #esquille

#WIP5:

Pendant qu’en secret les transactions d’un genre ou l’autre continuaient de se négocier à l’abri des regards, l’été se fixait peu à peu sur la ville. Les arbres étaient en fleurs, les rideaux voletaient aux fenêtres des immeubles, dansaient au gré des courants d’air. Les clims recyclaient l’atmosphère des musées, des banques, des supermarchés. Dehors, on roulait vitres ouvertes et aux feux rouges les basses cognaient l’air lourd puis cédaient la place à des mélodies légères et acoustiques, ensoleillées malgré la vague mélancolie des accords mineurs grattés sur un ukulélé. Derrière leurs verres noirs, les regards allaient et venaient, se frottaient aux corps, perçaient les dernières impudeurs. Des auréoles se dessinaient sous les aisselles, les jupes collaient aux cuisses, on mouillait les chemises tandis que dans l’air, de l’électricité persistait à faire monter les températures. Personne n’avait plus vraiment envie de bosser. Dans les bureaux et ailleurs, on humait une liberté contrariée, le désir éphémère d’une mise entre parenthèses. Les terrasses des cafés se remplissaient, les berges du fleuve bientôt grouilleraient jusqu’à l’ancien port désaffecté où se tramaient encore les mêmes équivoques commerces qu’à n’importe quel autre moment de l’année. À ceci près qu’un rien les affûtait. Les chiens n’arrêtaient plus d’aboyer ; ces jours languissant sur la ville les rendaient dingues. —070921

#KZ:

Dans un livre consacré à l’architecture, je lis que l’espace du quartier est celui de l’enfance. Et j’ai l’impression de déambuler à nouveau dans mon enfance en me promenant, à pied ou à vélo, dans ce quartier bordé d’arbres, aussi vide qu’une ville fantôme l’été. —070921