(280418)

« La voilà acculée sur le seuil d’une porte close derrière elle, une enveloppe vide et vierge dont elle ne sait que faire dans les mains. Elle la regarde encore, la retourne, lève les yeux, bat la mesure de sa perplexité, la triture, replonge la main à l’intérieur, en écarte les bords, tâte le fond, ressort la main, rebat la mesure, regarde à gauche, hésite, regarde à droite, hésite, traîne les yeux sur les façades bicolores des bungalows en face, promène sur le pourtour de l’enveloppe l’arête que forment, accolés l’un à l’autre, ses pouce et index droits tout en faisant pivoter l’enveloppe d’un léger mouvement de la main gauche dès que ses doigts en atteignent un coin, puis finit par la glisser dans la poche intérieure de sa canadienne qu’elle reboutonne aussitôt. Elle aurait dû prendre des gants. »

Tu te résous à faire ce que généralement tu ne sais pas faire: retirer, supprimer, retrancher. Tu opères. Et tu as ouvert un nouveau fichier, que tu as ajouté au dossier #3. Tu l’as intitulé « Restes » et y consignes pêle-mêle tout ce que tu élimines. Comme ce passage, ci-dessus. Une ablation parmi d’autres.

« If you are engaged in a translation and discover that a quality you need to convey does not exist in your language, the language into which you are moving, do not pick the next best thing. Sometimes you will have to put a ‘0’ there; this will indicate a hole. »

— Renee Gladman, The Ravickians.