Et donc cette même idée toujours te taraude, faisant retour dans ses replis. Poser l’équation « écriture = perte » n’est pas la résoudre — à l’œuvre opposer le désœuvrement, c’est ajouter encore au lieu de retrancher.

Depuis le début tout ici tourne en rond, en rangs réfractés. Ce qu’on dit, ce que tu dis de l’écriture — ces vaines tentatives pour la saisir — ne suffit pas. Ou plutôt ne suffit que trop, suffisance qui s’ignore ou, si elle ne s’ignore pas, ne mesure pas les conséquences de ses déplacements.

Si l’écriture peut-être côtoie la perte (à creuser), redire comme dans ces lignes la perte revient toujours à la manquer — à l’enrayer; délimiter à la craie les contours d’un rien. Sorte d’après-coup mal dégrossi. Faire le geste d’une main et le dessiner de l’autre: entre les deux une latence, un hiatus, où file et se perd la perte dans le négatif d’une croyance.

Ou un truc du genre.

traces

 

5 mai 2016.