(300618)

Le dilemme serait le suivant; la politique vise une force collective, en acte, un agir sur le monde, une prise directe. La littérature, elle, est davantage désir individuel, médiation et méditation au prisme du langage — détour. De sorte que l’expression « roman politique » paraît d’emblée, et au mieux, paradoxale. Que cherches-tu à faire, au juste?

La différence principale avec les trois romans qui l’ont précédé, est peut-être que le #4 se donne d’emblée comme une histoire — un récit; ou, à ce stade, sa possibilité. D’une manière ou d’une autre, les trois romans précédents œuvraient sans doute à mettre en forme une certaine résistance au récit; non pas à l’invalider, purement et simplement, mais à l’entraver — le trouer, le distendre, le brouiller, dans un cas (Charøgnards), l’amorcer, le saturer, l’étager dans un autre (À tous les airs). Dans le cas de MA, il s’agirait peut-être de le faire jouer, interférer, de le croiser. Tandis que maintenant, la résistance devient sujet autant qu’objet — elle se réfracte; se fait réfractaire. Elle résiste et, ce faisant, s’annule peut-être. D’où une voie d’accès sans doute plus dégagée qu’engagée. Paradoxe.

L’un des enjeux néanmoins serait, et reste, d’éviter de sombrer dans le discours. Il n’y a qu’à ça que pourrait se mesurer l’éventuelle réussite du texte. Qui dès lors, et depuis ce bord où il s’élance, glisse, et prend de la vitesse, inévitablement courtise son échec.