Tu exhumes le projet maintenant. Il le faut. Car c’est là, dans ces années passées à l’écrire, ces pages qui s’accumulent, que se trouve l’échec. L’échec est-il situable? datable? A-t-il des coordonnées précises que tu pourrais retrouver? Un mot, une phrase qui désoriente le projet, lui fait prendre un tour dangereux, un mauvais virage? Il te suffirait alors de retracer le chemin en sens inverse, rembobiner la chute dans le rien, rebrousser les pages, retrousser les phrases jusqu’au point d’impact, l’instant T où tout fout le camp. À moins que l’échec ne lui ait été consubstantiel, à ce projet. Qu’il ait guetté là, tapi dans le concept même qui allait nourrir l’écriture; depuis le départ.