Les déclarations d’intention sont trompeuses. Au fond, on ne sait jamais trop ce qu’on veut faire. Il y a bien une vague direction qui se dessine, mais sa destination demeure inconnue au moment où on se lance. L’écriture, c’est aussi une forme de désir. Or si l’écriture perdure, c’est que l’objet de son désir se déplace, se retranche, glisse, fuit, se transforme. On avance, on cherche, on creuse, on frôle, on flirte, on caresse mais on ne saisit pas. Cette absence de saisie: est-ce en ça que consisterait l’échec? L’échec fait-il partie intégrante de toute écriture? Que serait une écriture qui ne connaîtrait pas l’échec? C’est-à-dire qui serait parvenue à abolir tout écart, toute distance entre son mouvement et l’objet derrière lequel elle court?

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Autre titre un temps envisagé: Les Gosses.