(280219)

Tu attends encore quelques retours d’éditeurs mais il faut te rendre à l’évidence: selon toute vraisemblance le #3 ne sera pas publié. Ce qui n’est sans doute pas plus mal. À la publication de Charøgnards puis d’À tous les airs, tu avais entrepris d’exhumer patiemment chaque projet, ici puis . Il te faut désormais songer à inhumer celui-ci. Tu lui as trouvé sa place. C’est ça ou t’acharner, décider que, le récrire, et le récrire encore. Tu restes persuadé que ce projet pourtant valait la peine que tu t’y colles. Qu’enfoui en lui demeure un roman, une œuvre à côté de laquelle tu seras passé. Tu pourrais rebrousser chemin, la chercher dans les marges de ce texte raté, dans ses silences, ses failles, ses ombres. Et peut-être le feras-tu. Mais pas tout de suite. Tu te consacres dorénavant au #4, entamé il y a deux ans. Tu aimerais aboutir à une première ébauche d’ici l’été, mais tu avances lentement, le projet se transforme de jour en jour, accueille de nouveaux éléments, se complexifie. Quoi qu’il en soit, et quoi que tu en fasses, ce nouveau texte aura en partie été rendu possible ou pensable grâce au #3. Tu n’écrirais pas comme tu écris aujourd’hui si tu n’étais pas passé par la réflexion menée dans le cadre du #3. On n’écrit pas pour rien. Les ratés contribuent au parcours qui lentement se dessine, en sont aussi des étapes essentielles; des faux pas, peut-être. Mais pas malgré tout.