(210720)

Les dialogues. Ça te tue un roman. Il n’y a qu’à ouvrir un livre au hasard, chercher les dialogues, lire une ou deux répliques. Tu sais d’avance à quoi t’en tenir. On a beau faire tout ce qu’on veut, les dialogues trahissent toujours l’écriture. Trop ou pas assez, ils sonnent faux, souvent. Surfaits, surjoués, surécrits; ou alors, à l’inverse, ils restent blancs. Neutres. Juste écrits. Bien écrits. Peut-être. Jamais parlés. Il doit y avoir des exceptions, des auteur/e/s qui excellent dans le dialogue. Bien sûr. Il n’y en a aucun dans Charøgnards; ni, à proprement parler, dans À tous les airs. Ni dans le #4. Ou alors ils sont dissimulés, tentent de passer pour autre chose. C’est en tout cas dans la littérature francophone que tu la remarques. Cette inanité des dialogues. Tu ne la vois pas, ou peut-être ne l’entends-tu pas en anglais, qui s’accommode mieux de l’oralité, faut croire. En attendant tu cherches à disparaître. Crains ne pas y parvenir. La preuve. Ce site aurait besoin d’être repensé. Revenir, ou venir plutôt, à la formule blog. Une sorte de journal. Sauf que le journal présuppose des choses à dire. À consigner. Il faudrait trier. Ou faire semblant. Te dire que ça fait aussi partie de l’écriture. Écrire en dehors, dans les marges des travaux en cours. Tu es toujours à la recherche du #5. Tiens, ce serait quelque chose, ça — parler de cette recherche. Peut-être demain. Tu voudrais supprimer toutes les pages de ce site. Tout recommencer. Beaucoup aimé If de Marie Cosnay et Barn 8 de Deb Olin Unferth.