(250318)

Un petit moment maintenant que tu n’es plus repassé par ici. Plus d’un mois. Tu ne pratiques pas l’écriture de journal. Faute de temps, en partie — le peu de temps que tu consacres à l’écriture, assis à ton écran, tu le consacres au projet en cours. Un à la fois. Tu t’interdis le papillonnage. L’écriture est un sport d’endurance. Tes plages de travail sont trop courtes — une petite heure et demie en moyenne, à peine, 4 à 5 fois par semaine — pour te permettre de courir plusieurs projets simultanément. Tu as besoin de t’immerger, de te saisir d’un fil et de le dérouler, sans le perdre sans le casser. Malgré les promesses et le efforts, tenir un journal, même hebdomadaire, s’avère intenable. Le temps n’explique pas tout; car il faut des choses à dire aussi, ou à défaut, des choses à écrire. Certains y parviennent, tirent de leur quotidien, ou de leur rapport au monde, ou de leurs lectures, la matière d’une écriture. Tu as quant à toi pris le parti d’écrire ici sur ton propre rapport à l’écriture — ce qui limite assez les choses, faut dire. Or ce rapport est difficilement cernable; changeant, flou, précaire. Abstrait souvent, et faussement rhétorique. Il relève d’un après-coup frauduleux qui peut de surcroît, tu en as conscience, ne pas échapper au cliché. Car écrire sur ton rapport à l’écriture, ce n’est plus écrire. Précisément. Et c’est cet intervalle sans doute qu’il te faudrait interroger. Creuser. À défaut tu réfléchis. Réfléchis l’écriture. Et on sait bien que le reflet n’est pas la chose qu’il reflète. Qu’il existe à distance. Que tu passes ou non ici, que tu écrives ici quelques lignes de temps en temps ou que tu te retranches, comme les semaines écoulées, dans le silence, au fond ça revient un peu à la même chose. Tu prends, puis mesures la distance.

Le #3 est bientôt fini. Il faudrait que tu en dises quelques mots ici. Peut-être la prochaine fois.