(100218)

Il a neigé un peu partout sauf ici. Ça faisait des jours qu’on l’annonçait et la neige devait finalement tomber, hier. On avait tout prévu, tout anticipé. L’arrêté préfectoral a été promulgué, les ramassages scolaires ont été annulés. Ainsi s’annonçait la paralysie. À l’école primaire, les gamins qu’on déposait le matin avaient été emmitouflés dans leurs doudoune, écharpe, gants, bonnet, bottes, c’est à peine s’ils parvenaient encore à mettre un pied devant l’autre. On était prêt. Sauf que la neige ne tombait toujours pas. Les météorologues à la radio étaient pourtant formels. Il y en aurait pour plusieurs centimètres. Alors quand les premiers flocons ont commencé à tomber en milieu de matinée, c’était un peu le soulagement. Il neigeait. Il neigeait enfin. On ne s’était pas trompé. Tout se passait bien comme annoncé. Ça a dû durer une heure, juste de quoi blanchir les toitures. Il avait neigé. Puis aussitôt il s’était arrêté de neiger. L’asphalte reluisait, noir comme jamais. Quoi? C’est tout? Le cataclysme n’a pas eu lieu. Tous les signes avaient été cependant déployés, les attentes canalisées. Mais rien. Ou si peu.

On se serait cru dans un de tes romans.