Stéphane Vanderhaeghe

 

Vous pénétrez à l’intérieur d’un crâne. Gardez à l’esprit que les trajectoires que vous emprunterez sont fragiles : regardez où vous mettez les pieds et avancez avec précaution. Veillez à ne rien déranger et à effacer derrière vous les traces de votre passage. Pas plus de trois visites à la fois — au-delà, votre sécurité ne pourra être assurée.

Le propriétaire de ce crâne ne saurait être tenu pour responsable des désagréments que vous pourriez éprouver en déambulant dans les diverses galeries qui le composent et qui, à proprement parler, n’ont rien de public — ce qui s’y trouve, ce qui s’y dit et s’y joue, ce qui s’y élabore et s’y brouille, s’y retire et résonne contre d’instables parois, est en un sens le produit de votre effraction. Tout ici par conséquent est de l’ordre d’une fiction — à commencer par celle d’un accès immédiat à la pensée, elle-même au gré des réflexions le produit d’un tu.

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